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Notes d’exploration LoRa n°5

 

Deux mois depuis ma dernière note, un mois que le brouillon traine, plein de choses se sont passées, mais pas grand chose de mon côté par manque de temps. La bonne nouvelle c’est que mon module solaire fonctionne très bien sans maintenance.

J’ai un collègue qui vit dans le Sud, il a bricolé sur la radio amateur pendant quelques années et était très intéressé quand je lui ai montré un de mes modules il y a quelques mois. Là il me parle de s’équiper et me posait une question que j’ai entendu plusieurs fois et que j’aborde un peu dans la présentation de mon atelier de février : est-ce que je dois choisir Meshtastic ou MeshCore ?

La réponse, comme souvent, est ça dépend.

Le premier facteur, c’est de voir ce qui est utilisé dans ta zone. Si tu es en ville dense, avec un peu de chance tu auras les deux. En ville moins dense ou à la campagne, j’ai l’impression que l’implantation de Meshtastic est plus forte. C’est à regarder en détail, comme les cartes du réseau Gaulix, ou mieux, en se connectant aux deux réseaux.

Petit a parte : le coût de passer d’un réseau à l’autre, c’est 10 minutes d’installation et paramétrage du firmware sur ton module. Si tu as déjà une présence établie sur un réseau, sauvegarde ta clé primaire et la config (possible selon le firmware). Il n’y a pas encore de module qui permet de faire les deux, à part peut-être des bricolages. Config Meshtastic France / IDF , config MeshCore France + IDF. Bref. N’hésite vraiment pas à tester quelques jours l’un ou l’autre des réseaux.

Après ces premières considérations, les expériences récentes m’ont convaincu que dans l’environnement urbain dense, MeshCore sera plus intéressant que Meshtastic. Il y a trois aspects à garder en mémoire, ils sont surtout liés au risque de saturation de fréquence lorsqu’il y a une grande densité de nodes :

  • la séparation rigide des rôles de nodes limite les émissions ;
  • la capacité d’adresser les messages suivant une route, d’un node à un autre, permet de n’émettre que ce qui est nécessaire ;
  • les nodes “compagnons” sont par défaut muets, ce qui améliorer (au moins un peu) la vie privée des utilisateurs.

En revanche, selon l’usage ça va changer. Je projette une randonnée à vélo avec des amis cet été, et je voudrais leur proposer d’utiliser un réseau mesh pour communiquer. Si l’un de nous s’arrête, fait un détour ou crève un pneu, je veux tenter de garder le contact sans dépendre des réseaux mobiles. Dans ce cas-là, Meshtastic sera plus pertinent : sans rôle prédéfini, tous les nœuds se communiquent entre eux et répètent tous les messages qui ne leur sont pas adressés. Ça s’adapte mieux à la géométrie changeante du réseau.

À l’instar de mon collègue, plusieurs amis dans mon quartier à l’est de Paris se sont équipés pour tester l’utilisation locale… c’est l’occasion de prendre un café en terrasse et parler de configuration ou des projets d’utilisation.


L’émission Tracks sur Arte a produit un docu sur les réseaux mesh (Meshtastic, pas beaucoup de meshcore, mais un bel exemple de réseau mesh Wifi).

Je le trouve super intéressant pour l’aspect communautaire avec tout ce que ça englobe. La création d’une infrastructure de communication pas chère, sans dépendre du monde extérieur une fois le matériel acheté et bricolé. La transmission des savoirs entre pairs : tu veux communiquer avec moi, je t’apprends à le faire, que ça soit à la fête du village ou sur des vidéos YouTube (ou sur ce carnet web, ou en terrasse…). J’ai aussi beaucoup apprécié le côté politique du docu, même si la journaliste ne s’étend pas sur le sujet. Maîtriser son moyen de communication c’est maîtriser les modalités des échanges avec tes proches. Il n’y a pas grand chose de plus politique que la communication. En tous cas, le docu a bien résonné, avec 350 000 vues sur YouTube.


Le projet MeshCore a connu son premier split ! Un des contributeurs (Andy Kirby) développe un client alternatif pour MeshCore (MeshOS), et il a tenté de déposer la marque “MeshCore” après un désagrément avec les principaux contributeurs et développeurs, notamment sur le sujet du vibe coding de ses projets. L’équipe de MeshCore a éclairci la situation sur le blog officiel du projet, et j’apprécie leur position au sujet de l’IA (la mienne).

Ah oui, suite à ça un collectif de hackers a fait du reverse engineering sur le code de l’app MeshOS pour cracker le système de génération de clé. MeshOS est un projet commercial là où MeshCore est Open Source, il faut acheter une clé auprès du développeur. Enfin, il fallait, parce que les hackers ont créé un générateur de clé. L’article qui détaille l’exploit est intéressant mais limite trop technique pour moi : meshoskey.com/article.html


De mon côté comme je le dis plus haut, pas grand chose, je discute du sujet avec plein de gens depuis le docu, et sur le mesh avec les habitués du réseau MeshCore parisien, c’est sympa. J’ai peut-être moyen de déployer deux modules solaires chez des amis haut placés (dans leurs résidences), ça va augmenter un peu le maillage dans ma banlieue et aider les copains. J’ai des idées pour augmenter la couverture sur d’autres bâtiments mais pour ça il faut que je me pose pour bosser sur le projet… ça sera quand j’aurai le temps. D’ici là je regarde les idées de modules à bricoler et imprimer en 3D sur les subreddits meshcore+meshtastic+meshtastic_fr. Plein d’idées. Peut-être que je me ferai le module portable qui se recharge sur une base solaire, il a l’air bien.



On en discute ?…

Sur le Fediverse : boitam.eu/@joachim/116484041693337400


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